Voici le titre ambitieux d'une conférence à laquelle j'ai assisté.

Deux intervenants : une avocate ancienne Ministre de l'Environnement, et un avocat professeur de Droit de l'Environnement ; le point de vue économico-politico-juridique me donne un angle de vision supplémentaire du sujet Développement Durable.
Bien sûr, l'actualité fait commencer la conférence sur l'évocation de la crise économique comme n'étant qu'un symptôme de la crise de système qui s'amorce, et cette crise peut, pour être salutaire, être l'occasion d'un changement majeur vers un nouveau modèle de "La société du Développement Durable".
En effet, nous vivons en ce moment cinq révolutions simultanées, qui peuvent être vues comme cinq défis :
- - la population : 6,5 Mds d'Hommes aujourd'hui sur la planète ; 8 à 9 Mds en 2050,
- - le climat : les rapports sont de plus en plus pessimistes et nous somme au delà du scénario le plus noir émis par le GIEC, (la Chine pollue plus aujourd'hui que les USA et ce n'était pas dans les hypothèses de départ, l'effet du méthane a été complètement ignoré sur l'effet de serre...),
- - les ressources : eau, energie, espace cultivable vont s'imposer à nous très rapidement comme étant les richesses les plus sensibles, même si très provisoirement les prix du pétrole baisse puisque la spéculation s'est fixée sur autrechose,
- - la biodiversité : nous parlons là de la 6è extinction des espèces, seulement la nature n'a jamais eu à gérer une mutation aussi rapide et surtout que n'ait pas été générée par elle-même. Ce ne sera pas sans poser de graves problèmes économiques puisque les services rendus par la nature peuvent être estimés comme étant équivalent à 2 à 4 fois le PNB mondial. Nous ne savons par exemple pas polléniser artificiellement les cultures et des éleveurs de melon ont dû louer des abeilles aux apiculteurs qui en manquent eux-même pour la production de miel.
- - l'impact des produits chimiques du XXè siècle : des maladies nouvelles sont apparues, une baisse de fécondité dans les pays industrialisés (-50% depuis 1945 : 15% des couples sont stériles en Europe), et une féminisation des espèces vivant dans les rivières.
Voici le tableau brossé pour montrer la difficulté du défi qui se présente à nous, sa compléxité tiend aux interactions entre ces cinq domaines, chacun ayant des conséquences sur tous les autres.
Il faut bien se rendre compte que cette crise est celle de l'inversion des raretés :
Hier prévallait l'accumulation du capital et du travail, qui étaient des valeurs de reconnaissance (jusqu'au "Travailler plus pour gagner plus", la relance tant espérée de la consommation pour relancer l'activité... ), la nature, la terre de leurs côtés ne vallant quasiment rien. Aujourd'hui, le phénomène récurrent de chômage et le manque de richesses naturelles nous poussent à une utilisation aussi sobre que possible de l'énergie, l'eau, l'air... et à raisonner en terme de services plus que de produits : Pour un service rendu, recherchons le produit économe, qui dure dans le temps, non toxique.
Il n'y a pas que la production qui soit concernée : il y a 35 ans il fallait "adapter la ville à la voiture", la croissance c'est faite sur l'automobile et l'immobilier. Aujourd'hui avec les problèmes liés au pétrole, nous sommes dans cette société de transition qui a besoin du végétal et donc de l'espace cultivable ; le végétal pour la nourriture, l'énergie et la chimie de demain avec par exemple les bioplastiques.
C'est une de nos richesse : en France nous avons 110 habitant par km² , la densité est de 200 habitants au Km² en Angleterre près de 300 en Allemagne.
Le rapport au temps va changer.
La crise financière et la crise écologique sont liées à l'immédiateté (oubli du passé, pas de préoccupation de l'avenir) et à l'impatience (on veut tout, tout de suite quitte à faire des emprunts déraisonnés ou inventer des ordinateurs qui vont plus vite, faire la course à la nouveauté, rendre obsolète en moins de six mois une machine qui coute plus de 1000 Euros...).
La crise financière, par exemple, est liée à un taux de rentabilité calculé trimestriellement et par des prises de risque sur du court terme.
"Nous ne croyons pas se que nous voyons"
L'enjeu ne rend pas réaliste le danger, nous nous persuadons que ce n'est pas possible, comme celui qui craint moins le fin du monde qu'une égratignure à son doigt. Pourtant la crise économique est profonde, nous avons besoin de créer des infrastructure pour sortir du pétrole. Et c'est bien là notre chance : l'issue de la crise par le haut :
- - par la réductions des dépenses (bâtiments aux normes HQE...),
- - l'efficacité énergétique (nouveaux moyens de production),
- - les énergies renouveables,
nous tenons la solution "gagnant, gagnant, gagnant" grace à l' OPPORTUNITE DE L'INNOVATION.
L'énergie renouveable est une solution de décentralisation énergétique (pas de délocalisation possible) et la nouvelle mobilité (covoiturage à l'échelle industrielle, le "mult-immédiat" qui peut remplacer l'avion par la télé-conférence) sont des atouts qui peuvent jouer en notre faveur.
Nous avons la capacité d'une relance économique sur ce sujet du développement durable.
L'humanisme des terriens doit dépasser l'égoïsme des traders.
Voici la teneur de la première intervention : qu'en pensez-vous ?
