Errances et damnation
Par cxu-788-wkb le lundi 19 mai 2008, 21:53 - Lien permanent
Bien faché fin Août, j'avais envoyé un CV à un groupe industriel d'agro-fourniture le 26 Août 2007, voici le message qu'ils me renvoient le 25 Octobre 2007. (Je n'avais déjà pas une bonne opinion d'eux, voilà qui conforte mon avis : 50 jours pour recruter... et ils annoncent la couleur, en partant avec 2 mois de retard exactement sur leur planning déjà long !)
"A compter de la parution d'une annonce (J), notre processus de recrutement
se déroule généralement en 4 étapes :
- réception et sélection des candidatures (J+1 à J+21)
- conduite des 1ers entretiens (J+15 à J+35)
- constitution d'une liste finale et conduite des deuxièmes
- entretiens ( J+30 à J+40)
- sélection du candidat final (J+50)
Nous allons maintenant prendre le temps d'étudier avec soin votre candidature et votre expérience professionnelle au regard du poste que nous proposons.
Si vous ne recevez pas de nouvelles de notre part sous 30 Jours, considérez..."
Je n'ai effectivement jamais eu de réponse, mais en février dernier, un cabinet de chasseurs de têtes parisien m'appelle, pour ce poste que je reconnais au bout de quinze secondes. Je leur fait un topo sur leur client qu'ils ne connaissent pas plus que de nom : depuis quand ils recherchent, leur réputation sur la région pour finir par leur souhaiter bon courage et de ne pas continuer à chercher en local, la source étant déjà tarie.
Mêmes déboires avec un certain distributeur de matériaux qui recherche toujours son Adjoint RH Recrutement : je les ai rencontré en septembre dernier,suite à une cooptation par un de leur salarié, ma candidature a longtemps été "ni retenue, ni écartée"...
Après diverses relances, voilà enfin une réponse qui me parvint en décembre :
"Je comptais effectivement vous appeler cette semaine, mais suis en déplacement depuis le début de la semaine. J'ai effectivement finalisé le recrutement (la semaine dernière) sur une des deux candidates que j'avais, et ne vais donc pas donner suite à votre candidature. Je tiens à vous présenter toutes mes excuses pour cette réponse très tardive, due à une décision qui a incontestablement tardé. En vous remerciant pour tout l'intérêt que vous avez porté à xxx, je vous souhaite une bonne continuation."
Deux semaines après cette réponse, une annonce reparaissait sur internet (un site que vous connaissez bien et qui fonctionne par régions) via une agence de recrutement. Je rappelle mon interlocutrice, en janvier donc, qui me sort après un certain temps de reflexion : "Je n'ai plus tout votre dossier en tête mais je n'ai pas ressenti en vous capacité à aller à l'essenciel" Le poste est toujours vacant à ce jour, et j'ai su par une de mes connaissance qu'un de ses collègue avait été reçu pour le même poste avant l'été 2007.
Sans regret, le destin n'a pas voulu me donner ces postes, et il a sans doute été guidé par ma bonne étoile...
Commentaires
Témoignage intéressant. Désolé de le lire tardivement (c'est sans conséquence :-) . J'ai vécu de nombreuses situations similaires, et même encore plus pénibles aussi dans les RH... Bonne chance !
"Situation pénible", dites-vous : je rentre un tout petit peu dans le détail de l'entretien chez le vendeur de matériaux (enseigne nationale quand même).
Voici un commentaire que j'ai laissé sur un autre blog intitulé "Un bébé ?! Si je peux..." et qui se demande :
<<Quand on cherche un emploi, on se dit que si on trouve, on risque de ne pas avoir le job.
Quand on vient de trouver un emploi, on a envie de faire ses preuves.
Quand on accumule les petits contrats (CDD, intérim…), on est trop dans la précarité.
Quand on travaille, on a peur d'avoir la tête ailleurs et de perdre en efficacité.
Bon, alors, c’est quand le bon moment pour faire un enfant ?! >>
Voici donc mon commentaire :
Je suis un homme, je travaille dans le recrutement, et il m'arrive à mon tour d'être candidat (en veille actuellement pour changer de poste vers des fonctions RH plus élargies... à bon entendeur, salut), et il m'est arrivé en entretien de m'entendre poser cette question à la fois interdite et hors sujet :
"Vous avez des enfants ?".
J'ai répondu naturellement la vérité, n'ayant pas eu la répartie qui aurait été nécessaire en répondant par exemple :
"Combien en faut-il, selon vous, pour être efficace à ce poste ?"
Cette question m'a un peu désarçonné venant d'une femme, qui devant une réponse négative a insisté en rebondissant sur mes projets sans doute proche d'en avoir.
Je comprends à la fois le fond de sa question car le poste nécessitait des disponibilités horaires assez larges du fait des nombreux déplacements. En même temps, la question est effectivement illégale mais comment faire pour ne pas y répondre ?
En tant que RH moi-même, j'aurais pu souligner cette illégalité mais le risque est de passer pour un procédurier et la solution de facilité et de ne pas me retenir pour ne pas être embêté plus tard sur d'autres sujets en cours de carrière. Ce qui n'est pas du tout dans mon état d'esprit.
J'aurais attendu juste un peu plus de tact et de professionnalisme de la part d'une DRH qui recrute son adjoint direct. Je n'ai pas été retenu pour le poste et je pense réellement que c'est une des questions qui m'aura fermé la porte. Aujourd'hui, 6 mois plus tard, l'offre cours toujours sur différents sites : elle n'a toujours pas trouvé son collaborateur...
Notre chère blogueuse, surprise de ce témoignage :
<< cxu : sois le bienvenu ici ! :-) Toujours ravie d'accueillir un homme sur ce blog... Merci pour ton expérience. Bizarrement, je ne pensais même pas que l'on puisse poser la question des enfants à un candidat !!! Je comprends qu'elle t'ait surprise et que ta répartie (vraiment géniale !) ne te soit venue qu'après... Si tu penses que cette question a fait capoter ton recrutement, moi je pense que cette DRH risque de chercher longtemps avant de trouver l'oiseau rare... Et apparemment, c'est le cas...>>
Nous n'avons pas fini d'être surpris...