Face à face fatal ou l'entretien préventif : la révision des 15000km
Par cxu-788-wkb le jeudi 17 mai 2007, 01:33 - Lien permanent
Arrivé avec un esprit serein dans le cabinet de recrutement (ça n'aurait peut-être pas été le cas face à l'employeur final de la même manière), j'ai trouvé l'accueil relativement professionnel, quoique... le chargé de recrutement était quelque peu en retard, et la salle d'attente avec vue sur l'hotesse d'accueil-standardiste pouvait manquer de confidentialité puisqu'on pouvait entendre déjà des demies conversations...
Voici donc mon interlocuteur qui arrive une malette à la main et son excuse sous le bras, ...fermons la parenthèse et ouvrons la porte pour entrer... dans le vif du sujet, et dans la salle d'entretien.
Je commence donc par me présenter : une formation qui me destinait à... mais un professeur passionné m'a transmis l'envie de... d'où les six premières années de ma carrière puis une évolution avec une certaine logique de continuité, grace à un fil conducteur, vers le recrutement que j'exerce encore aujourd'hui au sein de... Et pour rompre assez rapidement le monologue, je lui demande s'il connaît l'entreprise au sein de laquel je travaille : pour savoir s'il faut que j'en décrive l'activité et les spécificités ; et là il me répond qu'effectivement il la connaît pour y avoir postulé lui-même avant d'entrer dans ce cabinet.
Et voilà :
En une seule phrase, il a réussi à se décrédibiliser d'un seul coup :
- à vouloir faire le fier (du genre, oui, oui, je connais) au lieu d'être à l'écoute et de me laisser en donner ma vision (c'est important de savoir comment un candidat sur le départ parle de son employeur actuel ; pour savoir pourquoi il souhaite partir par exemple...)
- en m'avouant implicitement qu'il n'a pas été retenu là où moi, j'exerce depuis X ans (et je n'écris pas en chiffres romains)
- en me démontrant qu'il n'est pas en poste depuis longtemps dans ce cabinet, puisque mon entreprise n'avait ouvert que tout récemment une antenne dans cette ville de l'ouest où il travaillait...
J'étais donc face à un petit jeune aux dents longues à qui j'ai donc dit tout ce qu'il voulait entendre puisque je m'étais renseigné (plus que lui) sur son client : l'entreprise qui, pour rappel, cherchait à recruter un Chargé de Recrutement que je suis.
J'ai donc ainsi écourté cette première phase de l'entretien pour mieux l'écouter sur le poste qu'il avait à me proposer: je devrais dire "à me vendre" puisque c'est là qu'il été, pour une deuxième fois, mauvais car mal renseigné.
Pour faire bref, il me vendait l'entreprise comme faisant partie d'un grand groupe, effectivement le groupe Suez avait injecté recemment des fonds pour la sauver de la faillite, mais du coup les salariés ne bénéficiaient pas des avantages du groupe (ce qui ne rendrait pas la tâche facile pour les recrutements à opérer pour eux).
J'avais lu par ailleurs, sur internet, que l'entreprise avec eu un prix pour son sens du service client, mais cette auréole se révélait en fait se mériter au détriment des salariés auxquels on demandait une très grande disponibilité, et donc au volume de recrutement annuel qui était annoncé sur des profils déjà pénuriques, il fallait ajouter un turn over de près de 70% (de l'effectif à renouveler par an) : l'art de l'éternel recommencement...
En bref, j'ai soulevé des questions qu'il ne s'était pas posées sur le "pourquoi" du poste, et le peu de réponses sur l'organisation, la structure et les perspectives de son client n'ont pas été très ENGAGEANTES (pour faire un vilain jeux de mots) : ce qui a eu pour effet de me faire décliner son offre dès mon retour chez moi.
En conclusion, pour moi, ce n'était pas d'un Chargé de Recrutement dont ils avaient besoin mais vraiment d'un généraliste RH pour se pencher sur leur politique RH globale, et là, à mon avis l'entreprise encore familiale n'était pas prête à l'entendre.
En conclusion, bel exercice pour moi, qui m'a rassuré dans mon positionnement (par comparaison), la conclusion du test de personnalité a été que je me connaissais très bien, et que j'avais un regard lucide sur mon parcours et une ambition mesurée car réaliste... bien, bien, bien... et maintenant ?

Commentaires
"Tout va bien Docteur ?
- Oui, oui : vous pouvez continuer votre route" me répondit le garagiste.'
...La schizophrénie me guête pourtant, dans ce recrutement circulaire, mais chhhhhhut...
Un entretien positif en définitif, même si sa conclusion s'est révélée plus nuancée...