Kit de démarrage de l’Informaticien(ne) : ce qu’il faut savoir avant de démarrer
L'informatique : avec un nouveau modèle de gratuité pour les fonctions de base (et des options payantes pour ceux qui en veulent plus) ex. d'Adobe. Internet collaboratif, peut donner un nouveau modèle de commercialisation pour sortir de la crise, un nouveau mode d'organisation plus collaboratif, le télétravail à domicile pour un meilleur équilibre vie personnelle/vie professionnelle... Monde de plus en plus virtuel où tout reste à inventer !
Selon une étude britannique réalisée en 2007, plus d'un salarié sur trois souffre de stress en raison de l'avalanche d’emails qu’il reçoit sur son lieu de travail et par le besoin d’y répondre promptement.
► source ORSE
L’informatique a permis des gains de productivité considérables dans la gestion des données, ainsi que le
développement d’une logique de processus et d’une culture de flux tendu dans les fonctions administratives et de service : les conséquences de ces transformations sur le travail et sur les personnes sont importantes.
Pourtant, les entreprises continuent de penser les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la
Communication) sur un plan technique davantage que sous l’angle organisationnel et humain, jugé souvent
secondaire.
Selon l’ORSE, les TIC font bien partie des évolutions
majeures de la société au même titre que les enjeux
environnementaux, la mondialisation et que les
nouvelles techniques managériales.
En effet, l’accès direct au système d’information à tous
les salariés de l’entreprise impacte leur espace de
travail quotidiennement :
- conséquences sur la santé au travail avec un stress accru dû à l’inflation du flux de données et à la nécessité de travailler en temps réel, TMS, troubles visuels…
- La bureautique s’est transformé en outil de pilotage et s’est chargé de décisionnel (couramment entendu : de ‘‘flicage’’) avec un reporting à court terme qui génère lui aussi un stress permanent.
- Le travail est aussi plus collaboratif et favorise un fonctionnement matriciel donc un management plus horizontal, d’où la mise en avant de la faculté à communiquer, à échanger et donc d’une nouvelle rupture générationnelle (selon le degré d’appropriation de l’outil et de la logique, par exemple du Web 2.0).
La réflexion sur les usages des TIC dans l’entreprise montre qu’une relation forte et transversale s’établit entre l’organisation du travail, la circulation des informations dans l’entreprise et les structures relationnelles et fonctionnelles entre les acteurs. La valeur ajoutée apportée par les outils se trouve au coeur de la relation.
La question de l’intégration des TIC rejoint par là celle de la responsabilité sociale de l’entreprise, et donc de sa gouvernance.
Remarque :
Selon un rapport anglais récemment publié par le Climate Group, les TIC pourraient permettre de réduire les
émissions mondiales de CO2 de 15 % et faire économiser environ 644 milliards d’euros d’ici à 2020.
Gilles Berhault met en avant dans son livre ‘‘Développement Durable 2.0’’ les transformations que les nouvelles technologies peuvent apporter à notre manière de travailler, de nous former, de gérer nos consommations énergétiques, de nous déplacer.
Il cite, pour exemple, le cas des courses sur internet, plus écologiques que la virée au supermarché, des
technologies qui permettent de mesurer ou simuler l’impact environnemental, mais également le boom du covoiturage facilité par les sites dédiés à cette nouvelle pratique.
Car c’est surtout, note l’auteur, par la participation de tous, facilitée par les tics, qu’une véritable démarche de développement durable peut s’instaurer.
A l’inverse, les tics peuvent également être fortement consommatrices d’énergie (5% de l’énergie mondiale
aujourd’hui), et les machines elles mêmes fort peu écologiques, voire dangereuses pour la santé de ceux qui les fabriquent ou, peut être même, de leurs utilisateurs. Au delà, elles sont également porteuses de risques sociétaux tels que la surveillance des utilisateurs et de leurs données.
L’auteur place ses espoirs dans une « société de la connaissance » qui pourrait succéder à la société industrielle. Dans cette nouvelle société, forcément globale, structurée par les réseaux de l’information, les rapports économiques, notamment, sont redéfinis autour de la notion d’usage, et non plus d’achat (« nous n’avons pas besoin de posséder une voiture, mais de se déplacer »). Les individus, en travaillant dans des centres de télétravail, sont moins rattachés à une entreprise, mais beaucoup plus intégrés dans une communauté locale.
► Développement durable 2.0. : l’Internet peut-il sauver la planète ? de Alain Berhault - Editeur : Editions de l’Aube -
Le magasine Ekwo commente : "Que l’on s’intéresse aux TIC, au développement durable, à la communication, ou tout simplement à l’évolution de notre "village mondial" interconnecté, ce livre est appelé à devenir une référence incontournable pour qui veut comprendre, savoir ou simplement philosopher..."
► www.ekwo.org
Il convient toutefois de tempérer :
D’un côté :
Les technologies de l’information et de la communication offrent une opportunité de « décarboner » des pans
entiers des économies des pays développées, notamment par la dématérialisation des échanges.
Ces opportunités sont multiformes et concernent des secteurs très fortement émetteurs de CO2 :
- réduction des besoins de mobilité, donc des dépenses d’énergie et émissions de CO2 associées grâce à de nouvelles technologies (téléphonie, visioconférence, réseaux virtuels, dématérialisation de l’administration etc.)
- réduction des consommations énergétiques dans les bâtiments, par un pilotage électronique et informatique de certaines installations, comme le chauffage, la climatisation, la ventilation, l’éclairage etc. Très présents dans l’immobilier tertiaire, ces systèmes font leur entrée chez les particuliers. Ils permettent d’assurer un fonctionnement optimal des installations.
Cependant, aussi bien dans les transports que dans l’immobilier, la contribution des TIC à la réduction des
émissions de CO2 ne pourra être illimitée. Ces technologies permettent de limiter certains gâchis énergétiques,
mais ne permettent pas de supprimer les principaux besoins incompressibles (chauffage, eau chaude, éclairage)
ou liés à l’organisation actuelle de nos économies (transport de marchandises et de personnes).
Leur développement peut même conduire à l’apparition d’effets pervers comme dans le cas du télétravail, dont
l’intérêt environnement réel est difficile à évaluer.
(Alors que la distance de référence pour le déplacement domicile travail est de 15 kilomètres et que 80 % des actifs français utilisent leur voiture pour aller travailler, le télétravail pourraient entraîner des modifications de mode de vie pas toujours bénéfiques pour l’environnement. Un salarié qui quitte Paris pour télétravailler 3 jours par semaine depuis son nouveau domicile, situé à 200 km de son lieu de travail collectif, va rejeter plus de CO 2 en faisant un ou deux allers-retours en voiture que les 30 km quotidien qu’il faisait précédemment.).
► http://www.manicore.com/documentation/teletravail/OSI_synthese.html
Les usages des TIC ne porteront leurs fruits sur le plan climatique que s’ils sont combinés à des efforts de réforme de nos usages énergétiques.
Un exemple édifiant :
Un « avatar » virtuel consomme autant d'énergie qu'un vrai Brésilien :
"Nous fonctionnons tout le temps à pleine puissance, ce qui entraîne d'énormes dépenses électriques dans les infrastructures" admet Linden Lab, l'opérateur de Second Life. Nicholas Carr, un journaliste américain, a donc cherché à mesurer l'empreinte énergétique d'un "habitant" de ce monde en ligne. Le résultat est édifiant : chaque résident virtuel consomme 4,8 kWh/jour, soit 1 752 kWh à l'année. Dix fois plus d'énergie qu'un Camerounais du monde réel, en chair et en os et deux fois plus qu'un Algérien, un peu plus qu'un Chinois, et à peu près autant qu'un Brésilien.
La multiplication des appareils et leur durée de vie limitée pose problème, selon Novethic.
L’énergie grise de chacun de ces appareils, c'est-à-dire l’énergie nécessaire à leur fabrication, est très importante.
Pour un ordinateur, l’énergie grise est souvent supérieure à l’énergie utilisée pendant la phase de fonctionnement de la machine. Selon le type d’ordinateur et son usage, l’énergie grise peut donc être prépondérante. Idem pour les téléphones portables et toutes sortes d’appareils électroniques.
La durée de vie de ces appareils et leur réduction en nombre est donc un enjeu significatif.
Rares sont les ordinateurs utilisés plus de 5 ans.
Les téléphones portables sont remplacés en moyenne tous les 18 mois.
En entreprise, les cadres supérieurs disposent souvent d’un ordinateur, d’un ordinateur portable, d’un téléphone portable, d’un PDA ou d’un blackberry, le tout en complément de leur équipement personnel. L’évolution des supports numériques est encore plus divergente que convergente, malgré des efforts certains et l’apparition de quelques produits qui concentrent toutes ces fonctions.
► © 2009 Novethic
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